Pour une nouvelle élite
- Louis Furiet

- 1 janv. 2026
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 janv.

La chose est aujourd’hui communément admise : nos élites politiques, en Europe et singulièrement en France, ont failli. La confiance des citoyens à leur égard est au plus bas.
Face à ces élites déclinantes se dressent un peu partout des « populismes », dont la principale vertu est sans doute de dénoncer la situation actuelle et de réveiller les peuples, au moins en partie. Mais ce que ces populismes oublient trop souvent, c’est qu’une aristocratie (du grec aristos, le meilleur) est nécessaire à la vie même d’une communauté politique. Jamais les peuples ne se sont gouvernés directement eux-mêmes. Et encore moins ont-ils entrepris le début d’une révolution. Le meilleur exemple, à cet égard, est sans doute celui de la Révolution française, dont on sait depuis longtemps qu’elle ne fut pas le fait des masses, mais bien d’une élite : et c’est pourquoi, loin d’avoir aboli toute classe supérieure, elle en a simplement remplacé une – la noblesse – par une autre – la bourgeoisie. D’où ce mot de Camus, devenu fameux : « La Révolution n’a pas aboli les privilèges, elle a changé les privilégiés ».
Il nous faut revenir au réalisme politique, à cette philosophie dont Pareto est le dernier grand représentant. S’il est vrai que seule une petite minorité (20% selon le principe de Pareto) des membres de la société est à l’origine de la grande majorité (80%) des activités économiques, combien plus doit-il en être ainsi dans l’ordre politique – le Politique étant plus complexe encore que l’Économique ? Concrètement, c’est toujours une élite qui détermine le destin d’un peuple. Que la chose nous plaise ou non n’est pas la question.
Et c’est pourquoi ceux qui aspirent à changer l’ordre actuel des choses, qui mène manifestement les nations européennes au chaos (nous recommandons à ce sujet la lecture de l’entretien donné par Pierre Brochand, ex-patron de la DGSE, au Figaro magazine du vendredi 17 octobre 2025, dans lequel il alerte sur le risque réel de guerre civile), ceux-là doivent aspirer à la création d’une nouvelle aristocratie et la favoriser.
Ce n’est pas le lieu de dresser la liste exhaustive des qualités que doivent posséder ceux qui entendent devenir l’élite de demain, mais l’on mentionnera les principales d’entre elles.
Avant tout, il faut des hommes et des femmes ayant une vision politique claire : il n’est pas d’action sans pensée, sans convictions profondes. Il faut ensuite qu’ils possèdent la réelle volonté de « révolutionner », au sens étymologique du terme – du latin revolvere, retourner –, la société : pas d’action d’envergure sans volonté de fer. Il faut enfin qu’ils soient compétents dans leurs domaines respectifs, qu’ils occupent un maximum de « places » dans la société et, pour cela, qu’ils disposent d’une véritable habileté ainsi que d’un certain art de la communication.
Enfin, il faut à cette élite une spiritualité : la vie extérieure n’est féconde que si elle se fonde sur une authentique vie intérieure, nul ne pouvant donner ce qu’il n’a pas.






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