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Du droit à la continuité historique

  • Photo du rédacteur: Louis Furiet
    Louis Furiet
  • 1 mars
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour



« Les révolutions incontinentes, dans leur hâte hypocritement généreuse de proclamer de nouveaux droits, ont toujours violé, foulé, détruit le droit fondamental de l’homme, si fondamental qu’il est la définition même de sa substance : le droit à la continuité. » Ces mots de José Ortega y Gasset trouvent un écho particulier à une époque où le changement est devenu une fin en soi. L’idéal de nos élites contemporaines est en effet de pouvoir changer de tout : de sexe, de langue, de mœurs, de culture. Rien de ce qui nous est donné n’aurait de valeur – mis à part notre environnement, ce qui est un bien étrange paradoxe. Or, ce que nous rappelle Ortega, qui n’est pourtant guère épris du langage des droits de l’homme, c’est que, s’il est bien un droit individuel et collectif – droit au sens de besoin anthropologique, de nécessité pour vivre en homme et se distinguer, par là, de l’animal –, c’est le droit à la continuité, celui de vivre dans un cadre façonné par ceux qui nous ont précédés.

Ce droit à la continuité s’applique aux divers niveaux de l’existence humaine. Sur le plan politique, il est le droit à la continuité historique, et donc celui, pour les nations, de demeurer elles-mêmes – droit sans lequel le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » n’a d’ailleurs pas de sens : pourquoi être maître de soi si ce n’est pour se conserver ? Or, il s’agit sans doute du droit le plus bafoué de notre époque. La continuité historique, la culture au sens noble du terme – « culture » évoque l’idée d’un champ déjà travaillé – est non seulement négligée mais bien souvent méprisée : pour certains (au centre), elle n’existe pas ; pour d’autres (à gauche), elle est à abattre, au nom de l’ouverture sans bornes à la « diversité » – laquelle disparaît pourtant si tous les peuples du monde renoncent à leur propre identité. C’est donc ce droit à la continuité historique qu’il nous faut aujourd’hui rappeler à nos contemporains.

Un droit qui, soyons réalistes, suppose une certaine continuité ethnique. Si plus de la moitié des membres d’une fratrie est remplacée par des individus étrangers, il est certain que la famille ne sera plus la même, que son état d’esprit changera ; et cela est vrai de n’importe quelle communauté humaine. Pourquoi donc n’en serait-il pas ainsi pour un peuple ? Les peuples européens, qui ont le droit de demeurer eux-mêmes, au même titre que les Chinois ou les Indiens, ont donc aussi le droit de ne pas être remplacés. Il est vrai qu’une telle considération n’était pas présente chez Ortega, parce que le phénomène de l’immigration massive lui était inconnu ; mais il nous paraît évident que le réveil de l’Europe qu’il appelait de ses vœux passera d’abord par un arrêt de la submersion migratoire – que, vu sa dimension révolutionnaire, nous serions tentés d’appeler subversion.

Plus que jamais, il nous faut rappeler que les peuples ont, comme les individus, le droit sacré de préserver l’héritage reçu, et par conséquent le devoir impérieux de prendre les moyens nécessaires à cette préservation.

 
 
 

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